Non à la fermeture du lycée Jean Moulin

Dossier de presse - Situation de l'enseignement public de Lyon 5ème

Synthèse de la situation des collèges, lycées et cités scolaires de Lyon 5ème

Préambule

Dans un établissement scolaire (collège ou lycée), le Rectorat gère l'ouverture des classes et s'occupe de la nomination du personnel. D'autre part, le Conseil Général a en charge les bâtiments et le financement de certaines actions pédagogiques pour les collèges et, symétriquement, la Région a le même rôle pour les lycées. Pour la fermeture d'un lycée, il faut qu'un accord se dégage entre la volonté pédagogique de l'Académie et un vote du Conseil Régional pour que le préfet puisse acter cette fermeture.

Lyon 5ème compte aujourd'hui deux cités scolaires (collège et lycée) de l'enseignement public à proximité du théâtre antique de Fourvière : Jean-Moulin (600 collégiens et 500 lycéens) et Saint-Just (400 collégiens et 1200 lycéens). D'autre part 6 cités scolaires privées existent sur ce même secteur du 5ème arrondissement de Lyon.

Les faits

→ Le conseil général du Rhône a voté en 2002 la fermeture du collège Saint-Just, tout en souhaitant maintenir la cité scolaire Jean-Moulin. Une des justifications était le manque de place pour les lycéens sur le site de Saint-Just.

→ En 2006, l'ouverture du collège de Francheville est décidée pour septembre 2011 et la fermeture du collège Saint Just réaffirmée.

→ En 2008, par hasard, un élu Parent d’Elèves apprend au Conseil Départemental de l’Éducation Nationale (CDEN) que la fermeture du collège Saint-Just entraînera la fermeture du Lycée Jean-Moulin. Parents d’élèves, lycéens et enseignants se réunissent alors en Collectif pour le maintien de la Cité scolaire Jean Moulin et multiplient les demandes d’information et de rencontre. Pendant trois ans, les élus du Conseil général, du Conseil Régional, les responsables des collectivités territoriales et du Rectorat sont sollicités et certains d’entre eux acceptent de rencontrer des délégations du Collectif, mais sans qu'apparaissent clairement les raisons qui justifient la fermeture du Lycée Jean-Moulin. De nombreux élus locaux, conscients des conséquences néfastes du projet, apportent alors leur soutien au collectif.

→ En juillet 2010, Mme Gillet de Thorey, vice présidente de la région Rhône-Alpes déléguée aux lycées, reçoit une délégation du Collectif et s’engage à ne pas prendre de décision avant d’avoir étudié la sectorisation des collégiens du 5ème arrondissement de Lyon (c’est-à-dire l’origine géographique des élèves de chaque collège)

→ En novembre 2010, Mme Gillet de Thorey et Mme Chuzeville, vice présidente en charge des collèges au Conseil Général, envoient un courrier au Recteur pour lui signaler qu'elles sont d'accord sur le décroisement des deux cités scolaires Jean-Moulin et Saint-Just, à condition que soient garantis les moyens en personnel ainsi que le maintien des options existantes. Ce courrier était un prolongement du courrier envoyé par le président Queyranne en 2008 et en accord avec son interview dans le journal Le Progrès du 13 janvier 2011. Dans ce même mois de novembre 2010, le CDEN ne prend pas position sur la fermeture ou pas du lycée Jean-Moulin et présente les deux hypothèses pour la sectorisation des collèges avec ou sans fermeture du lycée Jean Moulin.

→ En janvier 2011, le Rectorat organise la rentrée de septembre 2011 sur les bases suivantes : 0 élève au collège St Just, 930 élèves au collège Jean Moulin, 0 élève au lycée Jean Moulin et 1750 élèves au lycée de St Just, 293 élèves au collège Jean Charcot au lieu de 432 à la rentrée 2010, 384 élèves au collège Les Battières au lieu de 470. Aucun budget de travaux n'est prévu par les collectivités territoriales.

→ Le 8 février 2011, le Collectif, qui n’a toujours pas reçu d’explication rationnelle à la fermeture du Lycée Jean-Moulin et qui constate les effets négatifs des décisions du Rectorat sur l’offre de formation dans le 5ème arrondissement de Lyon, occupe les locaux de la Cité scolaire Jean-Moulin. Les 300 personnes présentes obtiennent la promesse de tenue d’une table ronde avec tous les partenaires afin d'examiner la situation des collèges et lycées du secteur.

→ Le 23 février 2011 une réunion extraordinaire des élus du Conseil d’Administration du lycée Jean Moulin en présence des représentants des collectivités territoriales, du Rectorat se tient au Lycée. Les élus parents, enseignants et élèves communiquent les différentes motions des CA des établissements d’enseignement du 5ème arrondissement refusant les décisions prises par le Rectorat pour la rentrée scolaire de septembre 2011. Ils communiquent aussi leurs propositions alternatives pour l’organisation de cette rentrée (moratoire, plan de sectorisation des collèges et lycées du 5ème). Ils tentent de faire comprendre les dangers pour l’enseignement public de la décision unilatérale du Rectorat.

Analyse de la situation

Baisse de la qualité de l'enseignement :

Le rectorat ne se préoccupe absolument pas de pédagogie car ce qui était possible dans une petite structure (suivi et accompagnement individualisé des élèves en échec, projet d'accompagnement personnalisé pour les classes de seconde, organisation de l'orientation concertée des élèves de première sous la forme d'entretiens individuels pour tous les élèves et leurs familles...) ne sera pas envisageable dans un grand établissement.

Même si ce n'est pas avoué, l'objectif à court terme poursuivi par le Rectorat est de faire des économies sur les postes de personnel enseignant et non enseignant. Les Dotations Horaires Globales remises en janvier aux Conseils d’Administration des établissements prévoient des suppressions de postes - qui seront parfois peu « visibles Â» du fait des départs en retraite des personnels. Supprimer des collèges et favoriser l'enseignement privé semblent être les objectifs à moyen terme. Cela correspond à de fausses économies d’échelle, car la diminution du taux d’encadrement des élèves par les adultes, en contradiction avec les priorités officielles de suivi et d’individualisation du parcours des élèves, va porter atteinte à la qualité de l’enseignement. Mauvaise répartition des effectifs :

Le projet du rectorat va déboucher sur une mauvaise utilisation des locaux : l’un sera encore plus en sureffectifs, Saint-Just, et d’autre passeront en sous-effectif, Jean Moulin (900 pour une utilisation optimale reconnue de 1200 ou 1250), Jean Charcot (300 pour une capacité de 550), Les Battières (400 au lieu de 600). N’importe quel bon gestionnaire sait qu’une telle situation est génératrice durablement de surcoûts. Bien que le site soit sous-utilisé, le collège de Jean Moulin atteindra un effectif excessif, alors même qu’il perd le cadre de la cité scolaire qui contribue à sa réussite. Le Conseil Général du Rhône préconise lui-même « des collèges à taille humaine : idéalement, les effectifs d’un collège doivent osciller entre 400 et 800 élèves ». Tous les établissements privés du secteur ont choisi la formule de la Cité Scolaire, souvent de la classe primaire au post-bac.

Contradictions et problèmes de sécurité :

Pour atteindre ces objectifs, on ne nous épargne pas les contradictions. Exemple: la première motivation de la fermeture du Collège Saint-Just était d’offrir davantage de place aux lycéens dans ce bâtiment classé. Si le projet se concrétise, il accueillera environ une centaine de lycéens de plus que les effectifs de la Cité scolaire actuelle. Aucune restructuration des bâtiments n’étant programmée à ce jour sur aucun des sites (Jean-Moulin et Saint-Just), la sécurité sera à coup sûr un enjeu majeur dès la rentrée prochaine et la responsabilité des collectivités de tutelle (Conseil Général à Jean Moulin et Conseil régional à Saint Just) sera automatiquement engagée en cas d’incident ou, pire, d’accident !

Précipitation et déséquilibre de l'offre éducative :

Prévue depuis 2006, la fermeture du Collège Saint Just n’a pas été préparée au plan territorial par une remise à plat de toute la sectorisation du 5ème arrondissement et des communes limitrophes concernées (ouverture d’un collège à Francheville à la rentrée 2011). Le seul scénario travaillé et aujourd’hui amorcé consiste à transférer tous les collégiens de Saint Just à Jean Moulin, qui passera d’environ 620 à plus de 930 élèves en septembre. Jean Moulin deviendra ainsi un des plus gros collèges du Rhône et accueillera un effectif d'au moins le double des collèges les plus proches. Il n'est pas raisonnable de créer un tel déséquilibre structurel et durable, qui fragilise et menace de fermeture les petits établissements. La carte de l’offre des enseignements proposés traduit d’ores et déjà ce déséquilibre avec un grand nombre d’options, notamment linguistiques à Jean Moulin et la fermeture de cours dans les autres collèges, par exemple Italien LV2 à Jean Charcot ! La volonté affichée de créer un collège d’excellence à Jean Moulin se traduit par une concentration de moyens et s’accompagne d’une organisation méthodique de la pénurie dans les établissements environnants. Comment accepter que soit ainsi remise en cause l’égalité des chances et que la cohésion sociale soit fragilisée ? Comment accepter la mise en place d’une telle ligne de démarcation entre les établissements d’un même territoire et le caractère ségrégationniste de la politique scolaire qu’un tel projet sous-tend ?

Perspectives

Il y a urgence à ne pas se précipiter dans un projet aussi destructeur pour l’avenir de l’école publique et pour la sérénité des jeunes et de leurs familles. Oui, il y a urgence à demander aujourd’hui un moratoire d’un an et à mettre en place dès demain une démarche de concertation qui aura l’ardente obligation de faire des propositions concrètes d’aménagement de la sectorisation et de la répartition de l’offre d’enseignement du Collège au Lycée dans le 5ème arrondissement de Lyon, ainsi qu’à Sainte Foy, Tassin et Francheville. Oui il y a urgence à travailler ensemble pour aboutir à un schéma cohérent d’ici fin octobre 2011, de façon à rendre plus facile et plus sereine la préparation de la rentrée 2012.

Lettre ouverte du collectif à MM Chatel, Queyranne, Mercier et Collomb

Lyon, le 4 mars 2011

Objet : Lettre ouverte Cité scolaire Jean Moulin et avenir de l’école publique dans Lyon 5ème

Parents, enseignants, élèves et personnels des collèges et lycées publics de l’Ouest Lyonnais sont en colère. En atteste le vote de motions dans les conseils d’administration aux Collèges Battières, Charcot et Jean Moulin ainsi qu’au Lycée Saint Just tous situés dans le 5ème arrondissement de Lyon, qui accueille la plus forte densité d’établissements privés de toute l’Académie. Ils sont en colère parce que les dotations horaires globales sont trop faibles et parce que les hypothèses de rentrée sont construites sur la prévision d’une baisse conséquente des effectifs à Charcot et aux Battières et sur une hausse vertigineuse à Jean Moulin.

Parmi les causes, le décroisement brutal des cités scolaires Saint Just et Jean Moulin. Prévue depuis 2006, la fermeture du Collège Saint Just n’a pas été préparée au plan territorial par une remise à plat de toute la sectorisation du 5ème arrondissement et des communes limitrophes concernées (ouverture d’un collège à Francheville à la rentrée 2011). Le seul scénario travaillé et aujourd’hui amorcé consiste à transférer tous les collégiens de Saint Just à Jean Moulin, qui passera d’environ 620 à plus de 920 élèves en septembre. Le collège Jean Moulin deviendra ainsi un des plus gros collèges du Rhône et accueillera un effectif d'au moins le double des collèges les plus proches (Charcot et Battières). Pourquoi créer ainsi un tel déséquilibre structurel et durable, qui fragilise et menace de fermeture à terme les petits établissements ? La carte de l’offre des enseignements proposés traduit d’ores et déjà ce déséquilibre avec un grand nombre d’options, notamment linguistiques à Jean Moulin et la fermeture de cours dans les autres collèges, par exemple Italien LV2 à Charcot ! La volonté affichée de créer un collège d’excellence à Jean Moulin se traduit par une concentration de moyens et s’accompagne d’une organisation méthodique de la pénurie dans les établissements environnants. Acceptez-vous que soit ainsi remise en cause l’égalité des chances et que la cohésion sociale soit fragilisée ? Acceptez-vous la mise en place d’une telle ligne de démarcation entre les établissements d’un même territoire et le caractère ségrégationniste de la politique scolaire qu’un tel projet sous-tend ?

Ce scénario aboutit aussi à l’assèchement du Lycée Jean Moulin, au travers de la fermeture de toutes ses classes par le Rectorat, qui a préféré cette décision discrétionnaire et autoritaire à un véritable dialogue avec les parties prenantes, en particulier les collectivités territoriales de rattachement et les membres de la communauté éducative. La suppression de 16 classes au Lycée Jean Moulin condamne à l'extinction la dernière cité scolaire publique du 5ème arrondissement qui, au-delà de ses excellents résultats, avait, au cours de ces dernières années, renforcé son attractivité au point d’attirer des élèves jusque-là scolarisés dans le privé. Sa dimension humaine et son esprit humaniste ont permis entre autres de mettre en place dans de bonnes conditions l'accompagnement personnalisé, un élément important de la réforme des lycées 2010, comme a pu le souligner Monsieur le recteur de l'académie de Lyon au cours de la présentation de ses vœux 2011.

A la rentrée prochaine, ce sont environ 1 700 élèves qui se presseront au sens propre du terme sur le site de Saint Just, qui se caractérise déjà par la plus forte densité d’élèves au m² de toute l’académie. Rappelons que la première motivation de la fermeture du Collège Saint Just était d’offrir davantage de place aux lycéens dans ce bâtiment classé. Si le projet se concrétise, il en accueillera environ une centaine de plus qu’aujourd’hui. Aucune restructuration des bâtiments n’étant programmée à ce jour sur aucun des sites (Jean Moulin et Saint Just), la sécurité sera à coup sûr un enjeu majeur dès la rentrée prochaine et la responsabilité des collectivités de tutelle (Conseil Général à Jean Moulin et Conseil régional à Saint Just) sera automatiquement engagée en cas d’incident ou, pire, d’accident !

Conduit par les autorités académiques au nom de l’urgence liée à la préparation de la prochaine rentrée, ce projet prend ses racines dans des décisions qui datent de 2006, fermeture du Collège Saint Just et création du collège Bernardin à Francheville. Pourquoi ne pas avoir anticipé ? Est-ce pour mieux travailler dans l’ombre sans avoir à informer et à débattre avec les membres des communautés éducatives concernées ? Est-ce pour mettre devant le fait accompli les élus municipaux, départementaux et régionaux, qui auront à gérer les conséquences humaines, sociales et urbaines d’une telle décision ? Est-ce pour rendre inéluctable la fermeture d’autres collèges à court ou moyen terme et faire quelques économies budgétaires supplémentaires ?

La contrainte de l'urgence fabriquée de toute pièce par ceux-là même qui l'invoquent ne doit pas faire oublier que les préparations de rentrée engagées par le rectorat sont réversibles. En effet l’arrêté préfectoral de fermeture du collège Saint Just n’est toujours pas signé à cette heure. Le Président du Conseil Général peut encore différer sa demande. Le Conseil Régional n’a pas délibéré et ne s’est pas encore saisi de la question de la fermeture du Lycée Jean Moulin. Enfin le non-respect par les autorités académiques des préalables formels évoqués par le Président de Région dans son courrier de 2008 suffit amplement pour repousser ce projet en l’état.

Refusé depuis des années par tous les acteurs de la communauté éducative de la cité scolaire Jean Moulin ce projet de décroisement brutal est désormais redouté par les enseignants et les parents des établissements environnants pour ses conséquences sur la pérennité et la qualité de l’offre éducative de l’école publique. Les élus de proximité, Maire du 5ème arrondissement, Conseiller général du 5ème arrondissement et les conseillers régionaux issus de l’Ouest Lyonnais s’opposent à ce projet qui accentue les déséquilibres, fragilise les plus faibles et met en péril le vivre ensemble sur le territoire dont ils sont les premiers responsables.

Lors d’une réunion le 23 février dernier qui a été obtenue de haute lutte par les élèves, les parents et les enseignants de Jean Moulin, tous les élus présents (Maire, Conseiller Général, Conseiller Régional et Député) ont demandé au Secrétaire Général de l’Académie, qui représentait le Recteur, d’engager une vraie concertation pour faire émerger des solutions servant l’intérêt général et l’intérêt des jeunes. Pourquoi ne pas les écouter et pourquoi ne pas entendre enfin parents, élèves et enseignants qui n’ont cessé de formuler cette demande depuis qu’ils ont appris de façon totalement incidente fin 2008 l’existence du projet ?

Oui, des restructurations sont nécessaires pour accompagner la fermeture démocratiquement décidée du Collège Saint Just. Oui, la sectorisation des collèges doit être profondément revue pour tenir compte de cette fermeture, de l’ouverture de Francheville et pour intégrer les évolutions démographiques et sociologiques du territoire. Oui, la carte des enseignements proposés dans les établissements publics doit être aménagée pour prendre en compte la réforme du lycée et pour développer des synergies pédagogiques. La complexité de la situation exige une réponse d’ensemble qui ne peut être forgée que dans la transparence et le dialogue avec les intéressés.

Oui, il y a urgence à ne pas se précipiter dans un projet aussi destructeur pour l’avenir de l’école publique et pour la sérénité des jeunes et de leurs familles. Oui, il y a urgence à décider aujourd’hui un moratoire d’un an et à mettre en place dès demain une démarche de concertation qui aura l’ardente obligation de faire des propositions concrètes d’aménagement de la sectorisation et de la répartition de l’offre d’enseignement du Collège au Lycée dans le 5ème arrondissement de Lyon, ainsi qu’à Sainte Foy, Tassin et Francheville. Oui Il y a urgence à travailler ensemble pour aboutir à un schéma cohérent d’ici fin octobre 2011, de façon à rendre plus facile et plus sereine la préparation de la rentrée 2012.

Monsieur le Ministre, Monsieur le Président du Conseil régional, Monsieur le Président du Conseil Général, Monsieur le Maire, vous avez le pouvoir de dire OUI à cette proposition de bon sens, qui, sans figer le présent, préserve l’avenir de l’Ecole Publique sur Lyon Ouest ! Comptant sur votre sens de l’intérêt général,

Nous vous prions d’agréer l’expression de notre haute considération.


Le Collectif pour l’Avenir de la cité scolaire Jean Moulin (FCPE – PEEP – SGEN – SNALC – SNES – Représentants élèves et personnels non enseignants)


Cette lettre a été envoyée à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale, Monsieur le Président du Conseil Régional Rhône-Alpes, Monsieur le Président du Conseil Général du Rhône et Monsieur le Maire de Lyon.

L'Humanité a publié cette lettre dans son édition du mercredi 9 mars : Lien vers le site de l'Humanité

Reportage au JT de 18h30 le sur TLM

Voici le reportage de TLM sur l'occupation des locaux du mardi 8 février 2011. Le collectif a rappelé lors de cette action qu'il voulait un gel des décisions prévues pour la rentrée 2011 et la tenue d'une réelle concertation sur la carte scolaire de Lyon 5ème.

"Un moratoire pour le lycée Jean Moulin !"

Les conseillers régionaux du groupe socialiste et écologiste et du groupe PRG et les conseillers généraux du groupe socialiste et du groupe radical, écologistes et démocrates demandent un moratoire sur la fermeture du Lycée et une table ronde.

Voir le communiqué de presse

Vous pouvez également trouver une vidéo du groupe socialiste expliquant sa position.

A ce jour, tous les partis politiques de Gauche (PS, EELV, FdG, PRG) ont réagi contre les décisions du Rectorat concernant la fermeture du Lycée.

L'occupation des locaux mardi 8 février au soir dans la presse

Lycée Jean Moulin : une occupation "civique"

par Marine Badoux, Lyon Capitale, 09.02

jm_1.jpgREPORTAGE - Le collectif de défense du lycée Jean Moulin (5e arrondissement de Lyon) a mené mardi soir une action coup de poing pour demander des réponses quant à la fermeture du lycée à la rentrée 2011.300 personnes ont occupé l'établissement de 19 h à 23 h, dans le calme. Un représentant du recteur a été envoyé sur place.

Quand les élèves de Jean Moulin agissent, c'est du sérieux. Ce mardi 8 février, ils avaient prévu d'occuper leur lycée afin de rendre visible leur lutte qui dure depuis des mois. Ils voulaient qu'on leur explique pourquoi leur lycée devra fermer en septembre prochain. Du haut de ses 17 ans, Alexis Schweitzer-Doucet, porte-parole des élèves, avait envoyé à tous les participants un mail détaillé sur les conditions de l'occupation: pas d'alcool, pas de dégradations et une occupation du 2e étage uniquement. Certains avaient dès le matin emmené leur sac de gym avec tout le nécessaire pour dormir au lycée. Des sacs avaient été stockés dans une salle de physique avec la complicité des professeurs.

A 18h, rassemblement devant les grilles, tenues fermées par la direction. Quelques élus d'Europe-Ecologie sont venus dire leur soutien au mouvement : Monique Cosson, chargée de la commission Lycées au conseil régional, Philippe Reynaud, conseiller régional et ancien élève de Jean Moulin et Maxime Huré, candidat aux cantonales dans le 5e arrondissement. La maire socialiste du 5e arrondissement s'était faite excuser, ainsi que Thomas Rudigoz, conseiller général centriste du 5e. Devant le lycée, les parents d'élèves ont installé leurs banderoles qui réclamaient des établissements à taille humaine. Les élèvent scandaient: "Jean Moulin en résistance"! "Avec cette action, Mme Rieser, prof de maths, voulait "révéler ce qui était tenu caché".

occupation locaux 2 "On va créer des usines à gamins"

En effet, la nouvelle sectorisation, votée par le Conseil général à deux voix près, a entériné récemment la disparition du collège de la cité scolaire Saint-Just, situé juste en face de Jean Moulin. Cela justifie, selon le recteur, "un décroisement", c'est-à-dire la fermeture des deux cités scolaires Saint-Just et Jean Moulin et la création d'un collège de 950 élèves à Jean Moulin et d'un lycée de 1750 élèves à Saint-Just. Le lycée actuel à Jean Moulin (420 élèves concernés) devant fermer. "Cette fermeture sèche de St Just déséquilibre la carte scolaire du 5e arrondissement. Ajoutons que le Rectorat fait ce qu'il veut, tout est enclenché pour la préparation de la rentrée alors même que la Région ne s'est pas prononcée", s'indigne Eric Journeaux, président de la FCPE locale. "On demande un gel de toute la procédure et une table ronde pour créer la concertation sur le sujet", résume une mère inquiète.

Vers 19 heures, les grilles s'ouvrent enfin, non sans forcing des parents. "On est au coeur d'un grand n'importe quoi, un dysfonctionnement démocratique évident", note un parent. "Notre inquiétude, c'est avant tout les conditions d'enseignement pour nos élèves", justifie Mme Martin-Cocher, professeur de philosophie, qui suit le cortège. "Le conseil général vient de financer la rénovation des salles de SVT du lycée, c'est de l'argent public gaspillé, si on suit le plan du rectorat", s'exclame Michel Maillot, vice-président de la PEEP. L'élue verte Monique Cosson affirme: "la police du quartier a dit que c'était une folie. On va créer des usines à gamins alors qu'on avait un système qui s'autorégulait. Ce que je vois, c'est que les collectivités dysfonctionnent au plus haut niveau".

Un pied de nez à ceux qui pensaient que cela se passerait mal

occupation locaux 3Vers 19h30, les élèves quittent la cour d'honneur. On leur ouvre les portes pour qu'ils puissent s'installer à l'étage. Avant de monter les escaliers, chacun est recensé et briefé sur la nécessité de s'en tenir aux règles. A ce moment-là, le collectif dénombre sur le site 250 élèves de seconde, de première et de terminale, 22 professeurs et une trentaine de parents d'élèves. Marie, en terminale éco, a son sleeping-bed sous le bras: "c'est un lieu familial ici, on y est bien. On veut le défendre et on est solidaires avec nos professeurs, avec lesquels on a de bonnes relations".

L'occupation se déroule dans une ambiance bon enfant. Les uns jouant aux cartes, les autres improvisant un boeuf à la guitare. Pas de violence, juste de la bonne humeur. Samuel est en seconde, il ne tarit pas d'éloges sur son lycée: "je suis allé à Shanghaï pour l'exposition universelle, on ne fait pas ça dans tous les lycées. On a aussi la meilleure option musique de France". Guillaume, son camarade, constate: "toute cette incompréhension nourrit la rivalité entre les élèves de Jean Moulin et Saint-Just". L'encadrement (parents et professeurs) veille tout de même au grain. Un père lit tranquillement dans un coin: "c'est un joli pied de nez à ceux qui pensaient que cela se passerait mal", se réjouit-il.

Arrivée surprise d'un délégué du rectorat

A 21 heures, changement de programme, la direction de l'établissement somme les occupants de partir. Quelques minutes plus tard, elle annonce l'arrivée imminente d'un émissaire du recteur d'académie, l'inspecteur pédagogique régional en charge de la vie scolaire, Didier Quef, accompagné des personnels administratifs de la cité scolaire Jean Moulin dont la proviseur en place Mme Marchand. Bien que l'administration précise que tout ceci est "illégal", elle accepte de réunir tout le monde pour une séance plénière, organisée à la va-vite dans la salle polyvalente du lycée. "Nous sommes là pour vous écouter", indique l'inspecteur.

Après deux heures de débat intense, une professeur d'allemand félicite ses élèves : "je suis fière de nos futurs citoyens qui se sont comportés de manière exemplaire, avec un grand sens civique". L'inspecteur pédagogique, de son côté, affirme qu'il transmettra au recteur toutes les requêtes et qu'il a compris l'urgence de restaurer la confiance, notamment par des outils assurant la stabilité de la communication. Au final, tous remballent duvets et tapis de sol, estimant avoir été écoutés et avoir reçu des garanties satisfaisantes. Tout le monde sort alors dans le calme.

Ce mercredi, le recteur d'académie, Roland Debbasch, devrait prendre connaissance du contenu du débat. Et le collectif attend des décisions concrètes et un engagement solennel à communiquer. Une délégation de parents et d'élèves sera également reçue ce mercredi au Conseil Général. De son côté, Monique Cosson, présente jusqu'à la fin des débats et chargée de la commission Lycées à la Région, s'est engagée à exiger la mise à l'ordre du jour d'un vote sur la fermeture de Jean Moulin au conseil régional.

(images de Fabrice Caterini)


Les occupants du lycée Jean Moulin entendus par le Recteur

par F.C., 20 minutes, 09.02

Ils avaient décidé de passer la nuit au lycée Jean-Moulin (Lyon 5e), pour protester contre le projet de fusion avec le collège voisin de Saint-Just. Mais les enseignants, parents et élèves ont finalement levé le camp mardi soir vers 23 h.

Deux inspecteurs d'académie se sont rendus mardi soir au lycée pour rencontrer les manifestants. Ils ont obtenu l'organisation d'une table ronde avec le Recteur sur la réorganisation de l'enseignement dans le 5e arrondissement. Et espère obtenir un moratoire d'une année.

«C'est une bonne nouvelle car depuis deux ans nous n'avons jamais réussi à obtenir un rendez-vous avec le recteur. Il a fallu occuper le lycée pour être écoutés», a indiqué ce mardi un parent d'élève à 20minutes.fr.

La fusion des deux établissements doit aboutir à la création d'un méga lycée de 1700 élèves et d'un collège de 900 élèves. Ce dont ne veulent pas les parents d'élèves.


Lyon : sortie de crise au Lycée Jean Moulin ?

Radio Scoop, 09.02 Les parents, profs et élèves estiment avoir été écoutés et avoir reçus des informations satisfaisantes.

Ils prévoyaient de dormir dans le lycée pour protester contre la fusion de l’établissement avec la cité scolaire Saint-Just. Ils craignaient par exemple que des élèves ne puissent plus suivre l’enseignement de certaines options, en changeant d’établissement. Finalement l’occupation a tourné court. Les duvets ont été remballés à 23h, après l'arrivée de représentants du rectorat et de l’Inspection d’académie. Les manifestants ont estimé avoir été écoutés et avoir reçu des garanties satisfaisantes.


Le lycée Jean Moulin occupé mardi soir

Lyonmag.com, 09.02

jm_4.JPGElèves, parents et professeurs se sont réunis mardi soir devant le lycée du 5e arrondissement. Ils souhaitent toujours montrer leur opposition au projet du rectorat de fusionner les établissements Jean Moulin et Saint-Just à la rentrée prochaine pour créer un collège de 950 élèves et un lycée de 1 750 élèves.

Selon Lyon Capitale, l'arrivée de l'inspecteur pédagogique mardi soir vers 21h a permis la tenue d'une réunion de crise, qui s'est terminée vers 23h, alors que l'ensemble des mécontents s'apprêtait à passer la nuit sur place en signe de protestation. Le collectif des grévistes, composé de professeurs, élèves et parents d'élèves a finalement décidé de lever le camp, estimant avoir reçu des garanties satisfaisantes de l'émissaire du Rectorat. Ils attendent désormais que le président du Conseil régional Jan-Jack Queyranne se prononce sur le dossier.


Lycéens, parents et professeurs passent la nuit au Lycée Jean Moulin

par Julie Bény, Le Progrès, 09.02 jm_6.jpg L’établissement Jean-Moulin dans le 5 e arrondissement a été occupé cette nuit avant la rencontre d’aujourd’hui avec les conseils régional et général pour discuter de la fermeture du lycée prévue pour la rentrée prochaine

Dans la cour, on pouvait entendre chanter. « C’est une Cité Scolaire où l’on se sent bien. 600 collégiens, 500 lycéens. Nous sommes fiers d’y vivre au quotidien ».

Les murs ont grondé hier soir dans l’établissement Jean-Moulin lorsqu’enseignants, parents d’élèves et étudiants ont décidé d’occuper les lieux de 18 heures à 8 heures ce matin.

Le collectif pour l’avenir de la Cité entend ainsi manifester contre la décision prise par le Rectorat de fusionner les cités scolaires Jean-Moulin et Saint-Just. « On ne nous a pas consultés. La décision a été prise de façon unilatérale sans égard pour les conditions de travail des élèves et des enseignants », explique Alice Martin-Cocher professeur de philosophie.

Pour rappel, l’ambition du Rectorat est de faire de la cité Saint-Just un super-lycée et de Jean-Moulin un super-collège. Si la fermeture du premier a déjà été votée par le conseil général, le conseil régional n’a toutefois pas encore statué sur le sort du second. Mais aucune classe de lycée n’a pourtant été prévue par le Rectorat pour la rentrée prochaine. Il est donc fort probable que les routes des lycéens et des collégiens ne se croisent plus au sein d’un même établissement.

Pour le collectif, les conséquences seraient désastreuses. A commencer par le nombre d’adolescents que chaque site aurait à accueillir : de 900 à 1 000 pour Jean-Moulin, et 1 750 pour Saint-Just, des effectifs plus importants qu’ils ne le sont actuellement. « Le risque est que les élèves soient massifiés et qu’ils ne soient plus appelés à travailler davantage ».

Ce qui préoccupe Christelle, en première S, est ce qui adviendra du suivi pédagogique si elle doit changer de lieu. « Je dois passer mon baccalauréat l’année prochaine. A Jean-Moulin, on est écouté. Avec 1 700 autres lycéens, on ne pourra plus avoir le même suivi ».

C’est aussi l’inquiétude de voir disparaître de nombreuses options comme la musique ou l’option européenne allemande que beaucoup suivent depuis la sixième. Pour Philippe, père de 3 enfants scolarisés « ces options ne sont pas proposées par Saint-Just. Mes enfants vont perdre des enseignements ».

Avec cette manifestation, le collectif souhaite un gel de ces décisions qu’il juge « trop précipitées Â» et l’établissement d’une vraie concertation avec le Rectorat et les élus régionaux restés muets jusque-là.

Si ses membres n’obtiennent pas la mise en place d’un vote rapide de la part de la Région, ils demandent à ce que cette fermeture soit tout simplement reculée d’une année pour que la rentrée se prépare dans de meilleures conditions.

(image Julie Bény)


Jean Moulin occupé, Queyranne sommé de se prononcer

Lyon Capitale, 08.02

Ce mardi soir, des élèves, parents et professeurs du lycée Jean Moulin à Lyon 5e. prévoient d'occuper les locaux de l'établissement. Depuis 17h30, règne une grande agitation sur place et tous ont apporté le nécessaire pour cette occupation nocturne (nourriture, couette, jeu de tarots, etc). A 19h est prévu un point sur le nombre de participants puis, une installation au deuxième étage du bâtiment. Les participants n'exclus pas d'être évacué par la police.

Tous protestent une nouvelle fois à leur manière contre la décision du Rectorat de Lyon de scinder les deux cités scolaires Jean Moulin et Saint Just en septembre prochain, pour créer un collège de 950 élèves et un lycée de 1750 élèves. Les lycéens et leurs parents contestent depuis le début ce projet du recteur. Ils avaient été reçus en décembre par Jean-Jack Queyranne et appellent aujourd'hui le président du Conseil régional Rhône-Alpes à se positionner, en tant qu'autorité compétente sur la question lycéenne.


Lyon : élèves, parents et professeurs occupent le Lycée Jean Moulin

Le Progrès, 08.02 Le Rectorat a décidé de fusionner, dès la rentrée prochaine, la cité scolaire Jean-Moulin, située dans le Ve arrondissement de Lyon, avec la cité scolaire Saint-Just. Ce soir enseignants, lycéens et parents ont décidé d'occuper l'établissement pour protester.

occupation locaux 4Le couperet est tombé. Sur décision du Rectorat, le lycée Jean-Moulin de Lyon (5e arrondissement) doit fermer dès la rentrée prochaine. Une décision que n'acceptent ni les enseignants, ni les élèves, ni leurs parents. Aussi, ce soir, les membres du collectif pour l’avenir de la cité ont décidé de protester en occupant l'établissement cette nuit. Une façon aussi de demander un gel des décisions.

Tous attendent la rencontre de demain avec les conseils Régionaux et Généraux pour discuter de la fermeture de la partie lycées qui accueille 500 élèves. Le Rectorat a en effet décidé de fusionner les cités scolaires Jean-Moulin et Saint-Just. L'ambition est de faire de Jean-Moulin un super collège alors que Saint-Just devriendrait le super lycée de l'arrondissement.

Pour le Collectif, les conséquences seraient désastreuses. A commencer par le nombre d’adolescents que chaque site aurait à accueillir : de 900 à 1000 pour Jean-Moulin, et 1750 pour Saint Just, des effectifs plus importants qu’ils ne le sont actuellement.

Article paru dans Lyon Capital le 28 janvier 2011

Les lycéens de Jean Moulin toujours mobilisés

Les élèves du lycée Jean Moulin (Lyon 5e) sont en colère. Leur lycée va fermer en 2011. Il est prévu qu'ils emménagent dès la rentrée dans le lycée d'en face, le lycée Saint-Just. Ce vendredi matin, à 10 heures, environ 150 d'entre eux ont donc pénétré dans le lycée Saint Just pour manifester leur désaccord avec cette décision univoque du Rectorat de Lyon. Leur idée était de prouver l'incapacité de cet établissement à accueillir plus de 1500 élèves. Ce qui sera le cas à la rentrée 2011, si le lycée Jean Moulin est supprimé. Ils sont d'abord montés dans les étages, puis se sont ravisés. Pendant 45 minutes, ils sont restés assis dans la cour pour dénoncer la mort de leur lycée et leurs futures conditions d'étude. "Ca va faire des établissements à taille monstrueuse", explique Alexis. Sa camarade, en 1ère L, s'inquiète: "on ne pourra pas avoir le même suivi pédagogique et il va falloir passer le bac l'an prochain". Finalement, ils ont dû partir, sous la menace du proviseur, qui voulait appeler la police pour les déloger.

Le Rectorat avait annoncé en décembre sa volonté de supprimer les deux cités scolaires publiques Jean Moulin et Saint-Just pour créer deux grands établissements: un collège à Jean Moulin et un lycée à Saint-Just. S'il ne semble plus possible de négocier avec ce dernier sur le maintien du lycée Jean Moulin, les lycéens attendent tout de même une concertation et un calendrier clair sur les changements à venir.

Lien vers le site de Lyon Capital

"L’acception de la fermeture d’un lycée constituerait un signal des plus malheureux, pour une région de gauche"

Communiqué des élus Front de Gauche au Conseil Régional :

Communiqué FdG

Reportage France 3 Région le 22 janvier 2011

France3 nous a consacré un reportage dans son édition du 19/20 (cliquez sur l'image pour lancer la vidéo) :

Pour voir le reportage sur le site de France 3.

Manifestation du 22 janvier

Dans le cortège de la manifestation du 22 janvier contre les économies réalisées dans l'enseignement public, pas moins de 200 personnes sont venues défendre la cité scolaire Jean Moulin.

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Discours de M. Thomas RUDIGOZ conseiller général du 5ème

Intervention Thomas Rudigoz en séance publique du Conseil général du 20 décembre 2010

Rapport sur la Sectorisation des collèges

Monsieur le Président, Madame la Vice-Présidente,

J’estime qu’il aurait fallu travailler sur cette sectorisation une fois l’avenir de la cité scolaire Jean Moulin connu, car le travail de concertation ne peut être fait correctement tant que l’avenir de la cité scolaire n’était pas décidé.

Or le devenir de la cité scolaire n’est toujours pas à ce jour décidé officiellement, même si de façon très surprenante, l’Inspection d’Académie a donné des consignes de travail aux chefs d’établissements de Jean moulin et de St Just, et ceci de façon unilatérale, sans en avoir informé ni les élus locaux, ni les enseignants, ni les parents d’élèves, ni les élèves.

Le projet de maintien de classes de lycée à Jean Moulin un temps évoqué par le Rectorat, voici à peu près un an, n’est donc plus d’actualité mais personne n’en a été informé. Je rappelle que cette hypothèse initiale de maintien de la cité scolaire avait été aussi la proposition faite par le Conseil général lors d’une délibération de 2006, peu suivie d'effet L’État a donc fait, comme trop souvent, un semblant de concertation qui a fait pschitt, laissant beaucoup de regrets et d’amertume chez les différents acteurs concernés.

J’en appelle donc officiellement à une nouvelle réunion avec le Rectorat et les représentants des communautés éducatives de Jean moulin et St Just.

Si malheureusement la 2ème option proposée aujourd’hui dans ce rapport était retenue, soit celle d’un collège unique à Jean Moulin, je m’interroge sur la montée des effectifs dans les prochaines années dans ce collège et idem du côté du Lycée St Just. Je crains que nous soyons face à des établissements énormes, on parle d’environ 1000 collégiens à Jean Moulin et 1700/1800 lycéens à St Just à l’horizon 2015-2016.

Pour tous les acteurs de l’éducation, enseignants, directeurs, parents élèves, de tels établissements sont très difficiles, voire impossibles à gérer correctement et les premières victimes sont les élèves qui sont alors perdus dans la masse, il n’est plus possible d’avoir un bon suivi, un accompagnement personnalisé. Les plus fragiles se retrouveront alors très souvent en situation d’échec. Ceci n'est donc pas acceptable.

Malgré toute la qualité d’écoute apportée par Danielle Chuzeville et ses collaborateurs, le rapport qui nous est présenté là n’est pas du tout satisfaisant, il est même inquiétant tout particulièrement pour les collèges Jean Moulin et Charcot.

Concernant Charcot, par rapport au projet initial, des modifications de dernière minute ont été apportées avant le CDEN, qui font apparaître pour la rentrée 2014 des effectifs de 330 collégiens à Charcot en sachant que dans cet effectif sont compris une soixantaine d’élèves de SEGPA, soit moins de 270 élèves en secteur d’enseignement général.

Un tel effectif est annonciateur d’une fermeture programmée du collège Charcot. La communauté éducative l’a bien compris : j’étais récemment en réunion dans ce collège et représentants des parents d’élèves, des enseignants et de la direction m’ont dit d’une seule voix : « ce projet de sectorisation entérine la fermeture de Charcot ». Et l’arrêt du projet de travaux du collège, validé pourtant début 2008, constitue pour eux et pour moi un aveu implicite.

Un collège urbain de moins de 300 élèves n’est pas viable, tous les connaisseurs en la matière s’accordent à le dire.

Les options tomberont les unes après les autres : bilangue, classe euro, musique, latin, même si le Rectorat, comme à chaque fois, jurera ses grands dieux que les options seront maintenues. Pour les deux premières années certainement, mais ensuite les coupes drastiques imposées par le Gouvernement s’imposeront.

Fermer un tel collège de secteur serait une hérésie. Et je ne dis pas cela parce que je suis un ancien élève de Charcot, mais : parce qu’il propose une offre éducative de grande qualité sur le 5ème et Ste Foy, ils ont d’ailleurs en ce moment un projet de création de classe CHAM déposé au Rectorat grâce au formidable travail effectué depuis des années par un professeur d’éducation musicale, et parce que dans un canton, un arrondissement de 48.000 habitants, il est nécessaire de garder 3 collèges, au risque sinon d’aller vers des monstres éducatifs ingérables, où beaucoup d’enfants se retrouveront en échec scolaire.

Cette sectorisation pour le 5e arrondissement de Lyon, Ste Foy les Lyon, Tassin la Demi Lune et Francheville doit donc être retravaillée.

Pour ces différentes raisons, je voterai contre, ainsi que mon groupe « Radical, Ecologiste et Démocrate », ce projet de sectorisation pour les établissements du 5ème.

Article paru le 4 janvier 2011 dans 20 minutes

Les élèves de Jean-Moulin en résistance

Les lycéens protestent aujourd'hui contre leur probable déménagement à Saint-Just.

La grogne monte à Jean-Moulin (5e). Pour la deuxième fois depuis un mois, les lycéens, qui craignent d'être reversés à la rentrée 2011 dans l'établissement voisin de Saint-Just, vont manifester aujourd'hui. Entre 10 et 12 h, ils refuseront d'aller en cours pour rappeler leur « inquiétude Â» dans la cour de la cité scolaire. Une action, suivie à 60 % le 6 décembre dernier, qui fait suite à la manifestation lancée par le Collectif pour l'avenir de Jean-Moulin devant le siège de la Région le 16 décembre. « Cela nous tenait à cÅ“ur de mettre en place notre propre action, sans les professeurs et parents d'élèves. Personnellement, je suis excédé par cette situation qui s'inscrit dans la droite lignée des réformes Darcos. On cherche à détruire l'un des derniers établissements à taille humaine qui fonctionne », peste Antoine Meunier, élève de Terminale ES.

Une occupation des locaux ?

Car Jean-Moulin, bien équilibré avec environ 600 collégiens et 500 lycéens, accueillerait en septembre prochain les 450 collégiens de Saint-Just, ses lycéens faisant le chemin inverse pour former un « hyperlycée Â» de 1 700 élèves dans l'établissement voisin. « Les choses semblent être décidées avant même le vote des élus de la Région, regrette Michel Maillot, vice-président de la PEEP à Jean-Moulin. En même temps, nous savons que le conseil général a prévu deux éventualités pour sa prochaine sectorisation scolaire, en fonction de la fermeture du collège à Saint-Just ou non. Â» Le flou artistique semble régner, malgré des rencontres entre le Collectif et des élus régionaux le 16 décembre, ainsi que le soutien affiché de Maxime Huré (Europe Écologie). « Cette année est décisive et ils ne peuvent pas nous laisser ainsi dans le doute. Mais quand je vois qu'il n'y a aucune feuille de route… », soupire Antoine Meunier, qui envisage dans un proche avenir « une occupation des locaux ». De son côté, le Collectif pour l'avenir de Jean-Moulin espère un conseil d'administration exceptionnel d'ici la fin du mois avec les élus de la Région, « pour enfin clarifier cette situation un peu boiteuse ».

Jérôme pagalou

5 septembre 2011, Etienne va chercher sa fille...

2nde17

Non aux établissements usines ! Oui à la cité scolaire Jean Moulin !

Rapport du conseil général sur la sectorisation des collèges pour la rentrée 2011

Ce rapport comprend deux hypothèses pour le 5ème arrondissement : une avec la fermeture du lycée Jean Moulin et une avec son maintien. A noter que dans le cas du maintien du lycée Jean Moulin, celui-ci accueillerait 475 élèves soit presqu'autant qu'aujourd'hui.

Début en page 3 du document :

Rapport CG sectorisation

Courrier du recteur

Ce courrier fait suite au courrier de Mmes GILLET de THOREY (région) et CHUZEVILLE (département) adressé au recteur (Pour le revoir cliquer ici)

Le courrier du recteur

Compte rendu de la manifestation du jeudi 16 décembre 2010 fait par M.Eric Journeaux

Déroulement de la manifestation :

8h00

Sortie des banderoles "Pour une cité scolaire à taille humaine" et "Non à la fermeture du lycée Jean Moulin" devant l'entrée au fur à mesure des arrivées, le nombre de manifestants (95% de lycéens) est monté à au moins 150.

8h30-10h00

Rencontre d'une délégation du collectif avec Mme Gillet de Thorey, Mme Bernard, M. Louche (conseiller de Queyranne) et M. Claret (?)

Exposé de la situation par le collectif

Mmes GdT et Bernard sont restées dans la posture d'"accompagnement de la fermeture du collège St Just nécessitant d'accueillir les collégiens de St Just et du 5ème" et "un lycée de 475 élèves serait trop petit".

Par contre, elles ont dit "le choix de la Région n'est pas déterminé, il faut que le recteur nous donne des garanties pédagogiques".

Pour sa part, une fois Mme GdT partie, M. Louche a estimé inacceptable pour la Région d'accompagner la destruction de l'enseignement public voulue par le gouvernement et le CG 69.

En conclusion, ils ont indiqué qu'ils souhaitaient éviter le pourrissement de la situation et pousser le recteur à la concertation ainsi qu'à la définition d'un calendrier.

Par ailleurs, ils nous ont promis une explication de la baisse de 5,8% de la dotation de la région au lycée.

10h30-11h30

Réunion plénière des manifestants dans une salle de la région, au chaud

Debriefing de la délégation

Rencontre avec des élus de la majorité PS-Verts-Front de gauche (dont Monique Cosson et Thierry Braillard)

Exposé de la situation de Jean Moulin et du 5ème

Expression des craintes des manifestants

Questions-réponses véhémentes

Affichage par les élus de la nécessité de défendre l'enseignement public

11h45-12h00

Rencontre de la délégation avec les deux élus fronts de gauche du Rhône Exposé de la situation Ils souhaitent venir sur place rencontrer le collectif

Eric Journeaux

Appel à la manifestation devant la région le 16 décembre 2010 à 8H

En annonçant officiellement le dé-croisement des cités scolaires Saint Just et Jean Moulin, le Recteur confirme sa volonté de détruire la dernière cité scolaire publique de Lyon 5ème en fermant le lycée Jean Moulin. Les collectivités territoriales et la Région en premier lieu sont désormais face à leurs responsabilités puisqu'un vote de l'assemblée régionale est nécessaire. Face à cette nouvelle offensive, le Collectif pour l’Avenir de la Cité Scolaire Jean Moulin qui rassemble dans l’unanimité enseignants, parents, élèves et personnels non enseignants appelle à manifester :

Jeudi 16 Décembre à 8h00 devant le Conseil Régional
78 route de Paris – Charbonnières les Bains
Bus n°86 depuis Gorge de Loup, arrêt Momet.

Manifestation des enseignants, parents, élèves et personnels de Jean Moulin à l’occasion de la séance plénière de l'assemblée régionale pour appeler le Président et les élus de la Région à refuser d’acter une telle évolution, au nom d’une école républicaine, accessible à tous, offrant des parcours d’éducation cohérents et diversifiés à chacun.

Celles et ceux dont les obligations personnelles et professionnelles sont compatibles avec ce calendrier et cet horaire seront les bienvenus.

Communiqué de presse du 26 novembre

En annonçant officiellement le décroisement des cités scolaires Saint Just et Jean Moulin, le Recteur confirme sa volonté de détruire la dernière cité scolaire publique en fermant le lycée Jean Moulin. Les collectivités territoriales et la Région en premier lieu sont désormais face à leurs responsabilités. En actant ce projet, la région

- préparera ainsi le développement d’établissements de taille inhumaine (900 collégiens à Jean Moulin et 1 700 lycéens à Saint Just) et la fermeture à terme d’autres établissements publics du 5ème arrondissement. Ils accompagneront la politique de réduction des moyens accordés à l’enseignement public par le Ministère de l’Education Nationale sur un territoire où sont présentes 6 cités scolaires privées,

- méprisera la communauté éducative unanime de Jean Moulin, qui, au cours de ces dernières années, a montré son attractivité par ses résultats et en recrutant des élèves du privé, notamment en Troisième et en Seconde,

- fera fi des avis des élus de proximité comme Alexandrine Pesson, Maire du 5ème et des inquiétudes exprimées par Gérard Collomb, Maire de Lyon dans son courrier du 16 septembre dernier,

- créera les conditions d’une dégradation sans précédent de l’offre de l’Ecole Publique dans le 5ème arrondissement de Lyon et aggraveront encore les inégalités sociales.

Face à cette nouvelle offensive, le Collectif pour l’Avenir de la Cité Scolaire Jean Moulin qui rassemble dans l’unanimité enseignants, parents, élèves et personnels non enseignants, poursuit son action. Jeudi soir, tous les élus parents, enseignants et élèves boycotteront le Conseil d’Administration du Lycée Jean Moulin. Il appelle le Président et les élus de la Région à refuser d’acter une telle évolution, au nom d’une école républicaine, accessible à tous, offrant des parcours d’éducation cohérents et diversifiés à chacun.

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